Consistoire Extraordinaire du 8 janvier 2026 – Extrait de l’homélie du Pape Léon

Notre “arrêt” est alors avant tout un grand acte d’amour – envers Dieu, envers l’Église, envers les hommes et les femmes du monde entier –, par lequel nous nous laissons modeler par l’Esprit : avant tout dans la prière et le silence, mais ensuite aussi en nous regardant dans les yeux, en nous écoutant les uns les autres et en nous faisant la voix, à travers le partage, de tous ceux que le Seigneur a confiés à notre sollicitude de pasteurs, dans les parties les plus diverses du monde. Un acte à vivre le cœur humble et généreux, en sachant que c’est par grâce que nous sommes ici, et qu’il n’y a rien, de ce que nous apportons, que nous n’ayons reçu comme un don et un talent à ne pas laisser se perdre, mais à investir avec prudence et courage (cf. Mt 25, 14-30).

Saint Léon le Grand enseignait que « c’est une chose grande et très précieuse aux yeux du Seigneur lorsque tout le peuple du Christ s’applique ensemble aux mêmes devoirs, et que tous les grades et tous les ordres […] collaborent dans un même esprit […]. Alors, disait-il, on nourrit les affamés, on habille ceux qui sont nus, on visite les malades, et personne ne cherche son propre intérêt, mais celui des autres » (Sermons, 88,4). C’est dans cet esprit que nous voulons travailler ensemble : l’esprit de ceux qui souhaitent que, dans le Corps mystique du Christ, chaque membre coopère de manière ordonnée au bien de tous (cf. Ep 4, 11-13), en exerçant avec dignité et plénitude son ministère sous la conduite de l’Esprit, heureux d’offrir et de voir mûrir les fruits de son travail, comme de recevoir et de voir croître ceux du travail des autres (cf. Saint Léon le Grand, Sermons, 88, 5).

Depuis deux millénaires, l’Église incarne ce mystère dans sa beauté polyédrique (cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti, 280). Cette assemblée en témoigne par la diversité des origines et des âges et par l’unité de la grâce et de la foi qui nous rassemble et nous fraternise.

Certes, nous aussi, face à la “grande foule” d’une humanité affamée de bien et de paix, dans un monde où la satiété et la faim, l’abondance et la misère, la lutte pour la survie et le vide existentiel désespéré continuent de diviser et de blesser les personnes, les nations et les communautés, aux paroles du Maître, « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37), nous pouvons nous sentir comme les disciples : inadéquats et dépourvus de moyens. Mais Jésus nous répète : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir » (Mc 6, 38), et cela, nous pouvons le faire ensemble. Nous ne parviendrons pas toujours à trouver des solutions immédiates aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais toujours, en tout lieu et en toute circonstance, nous pourrons nous aider mutuellement à trouver les “cinq pains et deux poissons” que la Providence ne manque jamais de fournir là où ses enfants demandent de l’aide ; et à les accueillir, les remettre, les recevoir et les distribuer, enrichis de la bénédiction de Dieu et de la foi et de l’amour de tous, afin que personne ne manque du nécessaire (cf. Mc 6, 42).

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