Consécration d’un autel – les reliques de l’autel

L’autel, où le sacrifice de la croix est rendu présent sous les signes sacramentels, est aussi la table du Seigneur, à laquelle, dans la messe, le peuple de Dieu est invité à participer ; il est aussi le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’eucharistie. (Cérémonial des Évêques n°918)

De par sa nature même, l’autel est consacré à Dieu seul, car le sacrifice eucharistique est offert à Dieu seul. Ce sens de la dédicace de l’autel, que l’Église a toujours compris, St Augustin l’a défini exactement lorsqu’il dit : « Ce n’est à aucun des martyrs, mais au Dieu des martyrs, en mémoire certes des martyrs, que nous élevons l’autel. » (Cérémonial des Évêques n°921)

Les reliques de l’autel

Il est d’usage de placer sous l’autel des reliques de Saints ou de Martyrs. C’est l’autel qui donne un prestige important au tombeau des martyrs et non l’inverse.

Dans la Basilique Saint-Pierre, l’autel fut rapproché de la chaire de l’évêque, sous le pontificat de Grégoire le Grand (590-604), sans doute pour le placer autant que possible au-dessus du tombeau de l’Apôtre – exprimant de façon évidente que le sacrifice du Seigneur se célèbre dans la communion intemporelle des saints. L’usage de dresser l’autel au-dessus des tombes des martyrs remonte probablement fort loin et relève du même motif : les martyrs perpétuent le sacrifice du Christ à travers l’histoire. Ils sont en quelques sorte l’autel de l’Eglise, un autel fait de pierres vivantes, d’hommes devenus membres du corps du Christ, donnant ainsi un sens nouveau au culte : le sacrifice est l’offrande de l’humanité devenue tout amour par le Christ.

Ce placement de reliques semble représenter d’une certaine manière cette vision spirituelle de l’Apocalypse : « je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés pour la parole de Dieu et pour le témoignage qu’ils avaient eu à rendre ». Saint Augustin justifie l’érection d’autel au-dessus des tombeaux de martyrs en précisant que « Les autels que la piété des fidèles élève sur leurs tombeaux, ne sont érigé à aucun martyr, mais au Dieu des martyrs ».

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