La première des trois tentations auxquelles Satan soumet Jésus a son origine dans la faim, c’est-à-dire le besoin matériel : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ». Mais Jésus répond avec les Saintes Écritures : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre » (Lc 4, 3-4 ; cf. Dt 8, 3). Puis le diable montre à Jésus tous les royaumes de la terre et dit : tout t’appartiendra si tu m’adores, en te prosternant. C’est la tromperie du pouvoir, et Jésus démasque cette tentative et la repousse : « Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras » (cf. Lc 4, 5-8 ; Dt 6, 13). Non pas l’adoration du pouvoir, mais uniquement de Dieu, de la vérité et de l’amour. Enfin, le Tentateur propose à Jésus d’accomplir un miracle spectaculaire: se jeter des hauts murs du Temple et être sauvé par les anges, afin que tous croient en Lui. Mais Jésus répond qu’on ne met jamais Dieu à l’épreuve (cf. Dt 6, 16). Nous ne pouvons pas « faire une expérience » dans laquelle Dieu doit répondre et prouver qu’il est Dieu : nous devons croire en Lui ! Nous ne devons pas faire de Dieu le « matériel » de « notre expérience » ! En faisant toujours référence aux Saintes Écritures, Jésus oppose aux critères humains le seul critère authentique: l’obéissance, la conformité à la volonté de Dieu, qui est le fondement de notre être. Ceci est également un enseignement fondamental pour nous : si nous conservons la Parole de Dieu dans notre intelligence et dans notre cœur, si elle entre dans notre vie, si nous avons confiance en Dieu, nous pouvons repousser toute sorte de tromperie du Tentateur. Par ailleurs, dans tout le récit apparaît clairement l’image du Christ nouvel Adam, Fils de Dieu, humble et obéissant au Père, contrairement à Adam et Ève qui, dans le jardin de l’Éden, avaient succombé aux séductions de l’esprit du mal d’être immortels, sans Dieu.

Le carême est comme une longue « retraite » pour rentrer en soi et écouter la voix de Dieu, pour vaincre les tentations du malin et trouver la vérité de notre être. Un temps – pourrait-on dire – de « compétition » spirituelle à vivre avec Jésus, non pas avec orgueil et présomption, mais en utilisant les armes de la foi, c’est-à-dire la prière, l’écoute de la Parole de Dieu et la pénitence. Nous pourrons ainsi célébrer Pâques en vérité, prêts à renouveler les promesses de notre Baptême. Que la Vierge Marie nous aide, afin que, guidés par l’Esprit Saint, nous vivions dans la joie et de manière fructueuse ce temps de grâce.

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