Le désert. C’est là que Jean prêche, près du fleuve Jourdain, à proximité de l’endroit où son peuple,  de nombreux siècles auparavant, était entré dans la terre promise (cf. Jc 3, 1-17). Ce faisant, c’est comme s’il disait: pour écouter Dieu, nous devons retourner à l’endroit où, pendant quarante ans, il a accompagné, protégé et éduqué son peuple, dans le désert. C’est le lieu du silence et de l’essentiel, où l’on ne peut pas se permettre de s’attarder sur des choses inutiles, mais où l’on doit se concentrer sur ce qui est indispensable pour vivre.

Et cela est un rappel toujours actuel: pour avancer sur le chemin de la vie, il est nécessaire de se dépouiller du «plus», car bien vivre ne signifie pas se remplir de choses inutiles, mais se débarrasser du superflu, afin de creuser au plus profond de soi, pour saisir ce qui est véritablement  important devant Dieu. Ce n’est que si, par le silence et la prière, nous faisons place à Jésus, qui est la Parole du Père, que nous pourrons nous libérer de la pollution des vaines paroles et du bavardage.   Le silence et la sobriété — dans les mots, dans l’utilisation des choses, des médias et des réseaux sociaux — ne sont pas seulement des «vœux pieux» ou des vertus, mais des éléments essentiels de la vie chrétienne.

Et venons-en à la deuxième image, la voix. C’est l’instrument avec lequel nous manifestons ce que nous pensons et portons dans notre cœur. Nous comprenons alors qu’elle est très liée au silence, parce qu’elle exprime ce qui mûrit à l’intérieur, à partir de l’écoute de ce que l’Esprit suggère. Si l’on ne sait pas se taire, il est difficile d’avoir quelque chose de bon à dire; en revanche, plus le silence est attentif, plus la parole est forte. Chez Jean-Baptiste, sa voix est liée à l’authenticité de son expérience et à la clarté de son cœur.

Nous pouvons nous demander: quelle est la place du silence dans ma journée? S’agit-il d’un silence vide, voire oppressant, ou d’un espace pour écouter, prier, où protéger son cœur? Ma vie est-elle sobre ou pleine de choses superflues? Même si cela veut dire aller à contre-courant, valorisons le silence, la sobriété et l’écoute. Que Marie, Vierge du silence, nous aide à aimer le désert, pour devenir des voix crédibles qui annoncent la venue de son Fils.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *