Angélus du Pape Benoît XVI, du 26 décembre 2011

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Au lendemain de la liturgie solennelle de la Nativité du Seigneur, nous célébrons aujourd’hui la fête de saint Étienne, diacre et premier martyr de l’Église. L’historien Eusèbe de Césarée le définit comme le « parfait martyr » parce qu’il est écrit dans les Actes des Apôtres : « Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple » (6, 8). Saint Grégoire de Nysse commente ainsi : « C’était un homme honnête et plein d’Esprit Saint : avec bonté, il remplissait sa charge de nourrir les pauvres et avec liberté de parole et par la force de l’Esprit Saint, il fermait la bouche aux ennemis de la vérité ». Homme de prière et d’évangélisation, Étienne, dont le nom signifie « couronne » a reçu de Dieu le don du martyre. En effet, « plein d’Esprit Saint (…), il vit la gloire de Dieu » (Ac 7, 55) et alors qu’il était lapidé, il priait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac 7, 59). Puis, tombé à genoux, il suppliait pour le pardon de ses accusateurs : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Ac 7, 60). C’est pourquoi l’Église orientale chante dans les hymnes : « Les pierres sont devenues pour toi des marches et des échelles pour l’ascension céleste… et tu t’es approché, joyeux, de l’assemblée des anges en fête ».

Après la génération des apôtres, les martyrs acquièrent une place de premier plan dans la considération de la communauté chrétienne. Aux temps des grandes persécutions, leur éloge fortifie le chemin difficile des fidèles et encourage ceux qui sont à la recherche de la vérité à se convertir au Seigneur. C’est pourquoi, par une disposition divine, l’Église vénère les reliques des martyrs et les honore par des surnoms comme « maîtres de vie », « témoins vivants », « piliers animés », « messagers silencieux ».

Chers amis, la véritable imitation du Christ, c’est l’amour, que certains écrivains chrétiens ont défini comme « le martyre secret ». À ce propos, saint Clément d’Alexandrie écrit : « Ceux qui mettent en pratique les commandements du Seigneur lui rendent témoignage dans toutes leurs actions, puisqu’ils font ce que lui veut, et qu’ils invoquent fidèlement le nom du Seigneur » . Comme dans l’antiquité, aujourd’hui aussi l’adhésion sincère à l’Évangile peut requérir le sacrifice de la vie et de nombreux chrétiens dans différentes régions du monde sont exposés à la persécution, et parfois au martyre. Mais le Seigneur nous rappelle que « celui qui aura tenu bon jusqu’au bout sera sauvé » (Mt 10,22).

Nous adressons notre prière à la Très Sainte Vierge Marie, Reine des martyrs, afin de garder intacte notre volonté de faire le bien, surtout à l’égard de ceux qui s’opposent à nous. Aujourd’hui, nous confions en particulier à la miséricorde divine les diacres de l’Église, afin qu’éclairés par l’exemple de saint Étienne, ils collaborent, selon la mission qui leur est propre, à la tâche d’évangélisation (cf. Exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini, 94).